Dès
l'Antiquité l'autorité de l'astrologie avait été
contestée, St. Augustin en avait souligné les inconséquences
; la perte de la légitimité scientifique n'est cependant intervenue
que tardivement avec les Lumières et la modernité entraînant
la disparition de tout statut officiel dans les sociétés concernées.
Son pouvoir de séduction sur les foules n'en a pas été
altéré pour autant comme le montre le constat dressé
par les sociologues Edgar Morin et Jacques Maître il y a une trentaine
d'années. La violence des remous provoqués par une thèse
récente sur le sujet montre que les rapports entretenus avec les
institutions intellectuelles et politiques contemporaines sont toujours
sensibles.
Ce numéro analyse à travers les exemples mésopotamiens
(Jean-Jacques Glassner), la place de l'astrologue et de son art dans la
connaissance des temps et la conduite des hommes. Anne Regourd donne un
texte d'al Qabîsî astrologue de la cour de Damas au Xe siècle
pour le monde médiéval puis l'Europe moderne est abordée
par Isabelle Pantin avec la tentative d'un disciple de Mélanchton
pour intégrer l'astrologie dans la théologie et la science
politique ; cet aspect connut une fortune particulière avec Cromwell
et Mazarin (Jacques Halbronn). Enfin Evelyne Latour analyse l'origine du
mythe de l'ère du Verseau dans les nouveaux prophétismes.
Jacques Maître conclut sur le statut de l'astrologie dans la société
française contemporaine. |